Bédarida, François

Lyon, 1926 - Paris, 2001. Historien, François Bédarida entre en 1946 à l'École normale supérieure à Paris et passe l'agrégation d'histoire en 1949. Après un passage dans l'enseignement secondaire, il part enseigner à l'Institut français du Royaume-Uni jusqu'en 1959. Il est ensuite assistant à la Sorbonne et directeur de la Maison française d'Oxford de 1966 à 1970. Il enseigne également à l'Institut d'études politiques de Paris et, en 1978, devient directeur de recherche au Centre national de la Recherche scientifique (CNRS). À ce titre il est le fondateur et premier directeur de l'Institut d'histoire du temps présent (IHTP). De 1990 à 2000, il est secrétaire général du Comité international des sciences historiques. À ce cursus dans le domaine de l'enseignement et de la recherche en histoire, François Bédarida allie une expérience personnelle de résistant alors que, lycéen à Paris sous l'Occupation, il participe à la diffusion du périodique clandestin Témoignage chrétien. Il est également, de 1961 à 1966, secrétaire général du Centre catholique des intellectuels français.
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Initialement spécialiste de l'histoire de la Grande-Bretagne, sur laquelle il a publié nombre de travaux, François Bédarida s'implique à un niveau élevé dans le renouvellement de l'historiographie française relative à la Seconde Guerre Mondiale, au régime de Vichy et au système concentrationnaire. Sur ce dernier thème il a publié Le nazisme et le génocide : histoire et enjeux (Paris, Nathan, 1989), La politique nazie d'extermination (Paris, Albin Michel, 1989) et La déportation et le système concentrationnaire nazi (Paris/Nanterre, BDIC, 1995). François Bédarida s'attache à « penser historiquement Auschwitz », convaincu que l'historien se doit de « l'intégrer à l'histoire, au lieu de l'arracher à l'histoire en concédant la Shoah à l'irrationalité pure. » Face au « blocus moralisateur » qui risquerait de fermer la route de la recherche savante, François Bédarida estime que la règle demeure d'abord l'analyse scientifique du système concentrationnaire afin d'en repérer les clés d'intelligibilité. Dans ce travail, toutes les sciences de l'homme doivent être mobilisées, « l'histoire, mais aussi la sociologie, la psychologie, la psychanalyse, la science politique, l'anthropologie, le droit, la médecine, sans oublier la philosophie et la théologie. » (1997)


Geneviève Dreyfus-Armand